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Clichés de l'homme en cascade
Clichés de l’homme en cascade est un texte à la frontière. Frontière de l’image et de l’écrit, du rêve et de la réalité, du dit et du non-dit.
Tournant autour de la notion de cliché, dans son sens concret comme dans son sens abstrait, il raconte l’histoire d’un homme qui s’éveille un matin sur un trottoir, « avec une valise de clichés en guise d’oreiller ». Sans nom, sans adresse, cet homme, ce personnage, va partir à la recherche de son identité, armé de ces seules images dont on ne saura jamais si elles existent vraiment ou si elles sont issues de son imagination.
Sur ce chemin qui doit le mener à lui-même, il croisera des passants qui ne lui seront d’aucune aide, des « autres » qui ne sont qu’un cliché de plus, le reflet d’une identité qu’il a perdue.
Entre mémoire et invention, entre Afrique et Europe, cette pièce interroge la manière dont les clichés construisent et défigurent nos récits de vie. À travers une écriture fragmentaire et une direction d’acteur au cordeau, le projet questionne la frontière du visible et de l’audible, et fait entendre le silence des « autres » que l’on croise sans les voir.
Au-delà de l’histoire singulière de cet homme, Clichés de l’homme en cascade est une réflexion sur la dignité, l’identité et l’humanité partagée.
Ce spectacle veut redonner un visage et une voix à ceux que l’on réduit trop souvent à des chiffres ou à des clichés. À travers la poésie et la force du théâtre, il cherche à transformer le regard porté sur l’« autre » et invite le spectateur à se questionner sur ses propres frontières intérieures.
Mwalimu
Projet en cours de création :
Ce projet s’inscrit dans une histoire intime, politique et profondément marquée par les questions d’effacement, de mémoire et de transmission.
Il naît d’abord d’une expérience personnelle : l’enfance d’Aline Steiner, metteuse en scène et conceptrice du projet, en Tanzanie , dans un pays façonné par la figure de Julius Nyerere, son premier président, penseur majeur du panafricanisme et artisan d’une vision politique innovante.
Nyerere était partout, dans les conversations, les symboles, les gestes du quotidien. Pourtant, à sa mort en 1999, une évidence frappe : son histoire, ses écrits, son rôle politique fondateur sont presque invisibles en francophonie.
Cette absence devient la première question du projet : comment un homme d’une telle stature peut-il être si peu raconté en Occident ?Quels sont les mécanismes de l’effacement de l’histoire africaine ?Qui écrit ?
Qui transmet ?
Et qui disparaît du récit mondial ?
De cette interrogation naît la volonté de créer un spectacle qui interroge ces zones de silence.
Au croisement du théâtre documentaire et de l’autofiction, ce projet s’en démarque par sa portée politique, sa volonté de mêler l’intime et le politique, la petite et la Grande histoire. Le travail se situe là où l'histoire rencontre les corps, les héritages, les angles morts.
